Un ouvrage poignant, sensible, émouvant, où phases dures et moments de tendresse se succèdent où s'entremêlent avec en maître mot l'Espoir.
Cette fois, Gilles Laporte nous amène à méditer sur la Différence. Inspiré d'une histoire vraie, il nous démontre que rien n'est perdu, il y a toujours un espoir pour intégrer les gens "différents" dans notre communauté.
Deux interrogations se posent :
Y a-t-il un espace pour ceux qui sortent du standard ?
Et qu'est-ce que la Norme, en fait ?
L'auteur nous invite à comprendre que chacun a le droit de trouver sa place dans cette Société ; il est ainsi démontré que grâce à beaucoup d'Amour et de Patiente, avec l'envie de transmettre une passion, d’enseigner un métier, voire d’initier à la musique, le résultat peut être spectaculaire, une merveilleuse thérapie, qui, si elle ne solutionne le problème, l'apaise.
Lorsque le verdict tombe et que le mot AUTISTE est prononcé ; après avoir mis en exergue le rejet et la peur ; la fuite pour le père, l'amour décuplé de la mère, l'auteur nous présente Julien et ses silences, ses colères aussi.
La vie ne fait pas toujours de cadeaux, autant pour les géniteurs que pour l'enfant lui-même, chacun va devoir apprendre à maîtriser le regard des autres. Tout le monde n'est pas logé à la même enseigne, hélas ! Lorsque des parents sont confrontés brutalement au handicap, celui où ceux qui le subissent comment réagissent-ils ? Que se passe-t-il dans leur tête ?
C'est ainsi que dans cette histoire, chacun va se battre pour aider un enfant pas comme les autres.
Quand des proches soutiennent la mère esseulée et aident l'enfant à grandir avec la musique en Toile de fond, qu'un luthier de Mirecourt va non seulement lui transmettre sa passion mais aussi l'aider à exceller dans le travail de fabrication d'instruments, comme ici, une Viole d'amour, qu'une jeune femme, maître d'apprentissage, va lui prouver son attirance et ses sentiments, Julien va t-il réussir à gérer ses émotions et sortir de ses silences ?
Une actualité brûlante, surtout celle de l'autisme, maladie pour laquelle, semble t-il, la société commence à en prendre conscience en mettant en place des structures et en se penchant sur l'intégration. Mais hélas il n'y a pas que l'autisme, nombre d'autres pathologies ne sont pas prises en compte, des maladies dites orphelines sont laissées pour compte et ça ne date pas d'aujourd'hui. Certes des associations se constituent pour revendiquer les mêmes droits, malgré tout, les parents et plus souvent la mère sont confrontés chaque jour à cette douloureuse réalité. Un autre débat !
C'est avec une attention toute particulière que j'ai lu ce nouveau roman, étant moi-même confrontée en tant que grand-mère, à cette différence avec deux de mes petits enfants, non pas autistes mais avec une maladie orpheline autre. Et quand je dis confrontée, ce n'est pas moi qui les élève, je pense à ma fille qui depuis 21 ans bientôt 22 ans se bat, inutile de dire que ce livre m'a touchée.
Merci à l'auteur, merci aux Éditions Presses de la Cité - Terres de France et à Marie-Jeanne en particulier pour son envoi en SP.