Un hommage au monde de la batellerie, des flottes, des péniches, histoire de la construction des canaux de l'Est, puis l'arrivée du chemin de fer où la concurrence empiète sur les métiers de l'eau. Une immersion totale dans la partie Lorraine que je connais, la Meuse avec Bar Le Duc, Commercy, Void, Mauvage, un crochet par Domrémy la Pucelle, La Meurthe et Moselle avec Nancy, Toul... la Moselle avec Metz, Gorze, Pont à Mousson...et les Vosges bien sûr.
Une belle saga, histoire d'immigré et d'émigré mais un livre un peu fastidieux à lire. Beaucoup de lenteurs, il faut arriver à plus d'un gros tiers de l'ouvrage pour pouvoir découvrir la fameuse péniche St Nicolas, titre du roman.
Néanmoins une encyclopédie très riche où sont traités nombre de domaines, coutumes, métiers de toutes sortes, canaux, rivières, paysages, faune, flore, religion, Histoire et Terroir. Une ode à la Lorraine. Beaucoup d'informations quelquefois un peu difficiles à digérer ce qui m'a un peu perdue par moments. Des longueurs, trop de termes techniques, de mots anglais, latin ou patois sans traduction ou explication.
Cependant des protagonistes attachants, sympathiques. Toute la première partie nous parle d'un militaire espagnol, Manuelo Garcia Ibanez, capitaine, fait prisonnier de guerre à la bataille de Leipzig sous Napoléon 1er qui à sa libération part comme flotteur et décide finalement de revenir au village vosgien de sa captivité pour épouser Georgina et de s'investir énormément dans le village ; des années heureuses défilent quand brutalement une épidémie de choléra fait rage et les emporte . Seul leur fils Isidore s'en sort, doué en dessin il embauche dans une imprimerie à Metz puis quitte la Lorraine pour l'Amérique, il y trouve une compagne et revient en Lorraine. Fasciné par la navigation fluviale il décide d'acquérir une péniche qu'il rebaptise Péniche Saint-Nicolas. Commence alors pour lui et sa famille un long périple à travers la Lorraine, l'Alsace et tous les canaux ouverts au commerce jusqu'à Paris.
Rencontres au fil de l'eau avec de nombreux personnages. Ambiance et mémoire d’un monde passé.
Je connaissais l'auteur, pour l'avoir déjà lu avec ses deux romans sur les Mirabelliers, mais aussi et surtout pour l'avoir côtoyé en maison de rééducation où nous séjournions tous les deux. Il est décédé en 2021. En trouvant ce livre d'occasion, je me suis jetée dessus sans hésitation. Beau témoignage mais un peu déçue, un peu pesant, traînant au rythme lent des péniches.
José