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Rêve d'indiennes - Colette VLERICK

"Rêves d'indiennes" est un livre passionnant qui nous transporte au XVIIIème siècle à la découverte du commerce entre la France et l'Asie et les Caraïbes, à travers une étoffe qui a été prohibé en 1686 par Louvois, un ministre de Louis XIV : les indiennes.

4ème de couverture

Louise n'a pas encore treize ans quand la police du roi la déshabille en pleine rue de Brest. Son crime ? Elle porte une étoffe prohibée, une indienne. Toute l'Europe s'est prise de passion pour ces cotons tissés en Inde et peints de couleurs éclatantes. Mais la France les interdit toujours, en plein XVIIIe siècle ! La honte pousse Louise à s'enfuir de la maison de son tuteur, le chevalier Philippe de La Gambais.

Envoyé à sa recherche, Nicolas, un autre protégé du chevalier à peine plus âgé qu'elle, choisit de l'accompagner. C'est le début d'un long périple semé d'obstacles et de drames mais aussi de rencontres lumineuses.

A Lorient, Louise trouve une place dans une bonne maison et Nicolas à la Compagnie des Indes. Il y découvre la beauté des indiennes, importées légalement pour être exportées dans les pays qui les autorisent.

Dès lors, convaincu que la prohibition ne tiendra plus longtemps, il veut tout apprendre sur leur fabrication. Là sera son avenir ! Mais pas à Lorient : à Nantes ! Louise l'y retrouve et le succès leur semble promis quand, l'interdiction enfin levée, se créent les premières manufactures d'indiennes nantaises. Mais de lourds secrets pèsent sur eux...

Mon avis

Sous Louis XIV les indiennes, ces toiles de coton tissées et peintes aux couleurs chatoyantes venues des Indes, étaient prohibées.

C'est sous la pression des marchands drapiers et des soyeux lyonnais, que ledit Roi a, pendant plus de 70 ans, interdit la vente, la possession ou le port de ces indiennes sous peine de lourdes représailles. La police du Roi était impitoyable lors de ses contrôles surprise et les sanctions étaient démesurées.

C'est ainsi que notre petite héroïne, Louise, se fait piéger et déshabiller en pleine rue car elle porte un manteau doublé d'indienne et quelqu'un, forcément, l'a dénoncée. Humiliée, elle s'enfuit de Brest ; inquiet, son tuteur, le chevalier de La Gambais, mandate Nicolas, le petit palefrenier, de la retrouver, de l'accompagner et de veiller sur elle, quoi qu'il en coûte. Pourquoi cet intérêt ?

Après une longue route pleine d'embûches, où un drame va les lier à jamais, c'est à Lorient que les deux jeunes gens arrivent ; la Compagnie des Indes y est basée et Nicolas s'y fait embaucher.

A l'époque, cette Compagnie réceptionnait, légalement, les bateaux chargés de ballots qui contenaient ces indiennes et autres marchandises en tous genres, mais pour ces tissus, ce n'était simplement qu'un quai de transit, ces indiennes étaient dispatchées vers les autres Pays. La contrebande et le marché noir allait bon train car ces cotons imprimés et colorés faisaient fureur dans toute l'Europe et en France particulièrement ; qui n'avait pas son intérieur, tentures, ameublement ou vêtements chez lui ? 

Certains, de nos protagonistes, Nicolas et Antoine, visionnaires, voient là l'occasion de se former tant à la chimie pour les bains de couleurs, qu'à la technique d'impression sur coton vierge, en vue de créer leurs propres ateliers, une occasion unique de s'enrichir. Ambition et soif d'apprendre sont au programme pour Nicolas. Les manufactures nantaises finiront bien par voir le jour, ce n'est que question de Règne et il en sera. 

Voilà sur quoi est basé ce roman, nos héros vont être pris dans ce tourbillon fait de secrets, d'aventures, voire de drames.  

Juste un tout petit bémol, un peu long par moments, l'auteure nous emmène dans des parcours de villes aux noms de rues très détaillées, nous cite des pages d'Histoire extrêmement documentées, nous révèle des techniques de fabrication très pointues qui font que je m'y suis un peu perdue, mais ça n'engage que moi !

Quoiqu’il en soit, un ouvrage très enrichissant, où nous sont relatés, les us et coutumes de l'époque tant au niveau du peuple que dans la bourgeoisie, une vision sur le commerce en tout genre avec les autres Continents, le bagne, l'esclavage, les îles, les guerres contre les Anglais, etc., le tout sous trois Règnes, de Louis XIV jusqu'à la prise de la Bastille, la Révolution, voir les prémices de l'empire. 

Je n'avais jamais lu Colette VLERICK, voilà qui est fait et j’en suis ravie, je la découvre avec ce livre historique, l'auteure y a fait un travail remarquable, des recherches extrêmement poussées, un pan d’Histoire qui n’est pas trop divulgué dans les manuels scolaires. Merci également aux Editions Calmann-Levy Territoires en particulier à Doriane pour son envoi en SP. 

Mon résumé

Une petite fille, Louise, sœur de lait de Hervé de La Gambais, s'enfuit de la demeure de son tuteur où elle est restée après la mort de sa mère, qui y était nourrice. Louise a honte, la police du roi l'a arrêtée et ouvert son manteau, ce dernier est doublé d'une toile de coton peinte, appelée indienne et prohibée en ce XVIIIe siècle. Qui lui a donné ce manteau ?

Philippe de La Gambais soupçonne sa femme, jalouse de la fillette de 12 ans, de lui avoir tendu un piège.  Pourquoi Madame de La Gambais hait à ce point cette enfant ? 

Le Chevalier, hors de lui, confie une bourse bien garnie à Nicolas son petit palefrenier, fils d'un homme qui lui a sauvé la vie. Cet homme est incarcéré, aussi Mr de La Gambais s'est fait un devoir de prendre Nicolas sous sa coupe. Inquiet pour Louise, le Chevalier ne voit qu'une solution, mandater Nicolas, guère plus vieux que la toute jeune fille, de la retrouver au plus vite et de l'accompagner là où elle voudra aller. Sa mission, ne jamais la lâcher et au besoin la secourir. Le long voyage des deux jeunes gens à travers la campagne avec des nuits à la belle étoile va être semé d'embûches et un drame va les lier à jamais. 

Nicolas Viger comprend bien vite que Louise n'a aucun lieu où aller, il l'entraîne donc à Lorient, chez le Capitaine Viger son oncle. Là, ils vont pouvoir se refaire une santé.  Bientôt, tous deux vont trouver du travail, Louise dans une maison cossue pour venir en aide auprès d'une enfant handicapée. Nicolas à la Compagnie des Indes, où le marché des indiennes qui passent en transit par la France pour être vendues dans d'autres Pays, est florissant, les toiles le fascinent. Après s'en être confié à son oncle et avec l'aide de ce dernier qui peut l'introduire dans le milieu, c'est à Nantes qu'il va aller, il n'a plus qu'une idée en tête, apprendre tous les rouages de la fabrication de ces magnifiques toiles, la prohibition ne tiendra pas toujours, il en est convaincu. Il sent qu'il a une ouverture et l'espoir de s'enrichir semble se concrétiser, les manufactures d'indiennes nantaises pointent à l'horizon.

 

José

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