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Petite mère - Henriette BERNIER

Printemps 1919. De retour d'exode, la famille Piquart retrouve la ville de Verdun.

4ème de couverture

Printemps 1919. De retour d'exode, la famille Piquart retrouve la ville de Verdun. A quatorze ans, Rosalie, excellente élève, espère devenir maîtresse d'école. Mais sa mère meurt des suites d'une longue maladie. La tradition et le devoir désignent alors Rosalie, l'aînée, pour s'occuper du foyer auprès son père, modeste maçon. Désormais, Rosalie doit veiller sur ses frères et sœurs, dont la benjamine, Marinette, qui d'instinct, l'appelle " petite mère ". Des années durant, Rosalie va sacrifier son enfance, son rêve, sa vie de jeune femme pour les siens. Sa tâche accomplie, elle n'aura plus envie de penser à elle. Elle se marie cependant avec Faustin, que la guerre a blessé corps et âme. Mariage d'amitié plus que d'amour. Plus tard, Rosalie s'épanouira en élevant l'enfant de Marinette, un " enfant de la honte "...
Roman bouleversant dans la lignée de Marie sans terre d'Yves Jacob.

Mon avis

Une auteure que je découvre, un roman que j'ai dévoré.

Cette fois c'est en Lorraine que se passe l'histoire, dans un petit village non loin de Verdun, là où tant de soldats sont tombés à la Grande guerre de 14-18, la soit disant "Der des ders".

Meuse, 1919 la famille Piquart peut enfin réintègrer sa maison d'où ils avaient été évacués cinq ans plus tôt. Eugène et Sidonie partis à 6 reviennent au pays à 7, une 5eme enfant est née pendant leur exode, cependant Sidonie ne s'est pas bien remise de cet accouchement et ne s'est jamais fait à l'idée de quitter sa Lorraine. C'est donc émus qu'ils arrivent en gare de Verdun, le maire de leur village les attend pour les conduire à leur demeure. Mais chemin faisant, ils sont éffarés de ne voir que des champs noirs plantés de piquets, plus de prairies, plus de forêts, que des terres brûlées à perte de vue. Ils angoissent au fur et à mesure, même si le maire leur a dit que leur maison était toujours debout, dans quel état va t-elle être ? La moitié des villages qu'ils traversent sont en ruines, d'autres ont complètement disparus. Sidonie, déjà très éprouvée, est choquée de voir son pays ainsi dévasté. L'aînée, Rosalie, 14 ans, très bonne élève, porte précieusement sur son coeur une enveloppe ; une lettre dans laquelle son institutrice d'exode la recommande chaudement à l'instituteur meusien. Rosalie s'est gardée d'en parler à ses parents, d'abord voir Monsieur l'instituteur, car elle a un rêve, devenir institutrice elle aussi. Chacun angoisse à l'approche de la maison, mais celle-ci n'a pas trop souffert, aérée, nettoyée, la végétation maîtrisée, il n'y paraîtra plus. Tout le monde va s'y mettre, bientôt elle sera comme avant et la vie pourra continuer mais Sidonie très malade ne se remet pas et s'éteint au bout de quelques temps. Eugène que l'instituteur était venu rencontrer pour parler des études de Rosalie, refuse, qui va s'occuper de la famille maintenant que sa femme n'est plus là ? C'est donc tout naturellement que la tâche incombe à l'aînée Rosalie, une toute jeune fille qui n'aura plus d'enfance, pas d'adolescence et bientôt plus d'âge, son rêve enfoui au fond de sa mémoire...

                                                           José

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